La Première Guerre Mondiale c'est quoi??


Carte des forces en présence, en noir les Empires centraux (Triplice),Plans de bataille des 2 états-majors

La Première Guerre mondiale fut un conflit mondial qui se tint principalement en Europe de1914 à 1918. On la nomme « guerre mondiale », car c’est le premier conflit armé qui impliqua autant de pays à travers le monde. Cependant, avant le début de la Seconde Guerre mondiale, on l’appelait « la Grande Guerre », « la Guerre des Guerres » ou encore la « Der des Ders ». Sa dimension véritablement mondiale est très relative. Au plan humain, elle concerne effectivement beaucoup de peuples notamment à travers la présence de nombreux ressortissants des régions dominées par les grandes puissances coloniales. Au plan géographique, elle reste circonscrite à l’Europe, à une petite partie de l’Asie et de l’Afrique, et à l’Atlantique Nord.

Les origines de la Première Guerre mondiale

Les origines de la première guerre mondiale sont complexes : la montée des impérialismes, les rivalités économiques et coloniales entre puissances européennes, le jeu des alliances semblent rendre la guerre inéluctable. L’assassinat de l’héritier du trône d’Autriche, l’archiducFrançois-Ferdinand, déclenchera ce que l’historien Jean-Baptiste Duroselle appelle un « Mécanisme » qui entraînera presque malgré eux les protagonistes vers la grande catastrophe[1].

Les systèmes d’alliances

Les systèmes d’alliances
Les systèmes d’alliances

De vastes systèmes d’alliances se sont créés à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. L’Autriche s’allie avec un État qui, cinq ans plus tôt, lui faisait la guerre, tandis que le régime le plus démocratique d’Europe (la France) va s’allier avec le plus réactionnaire (Russie).

La Triplice est la plus ancienne de ces alliances. Elle est l’œuvre du chancelier prussien Otto von Bismarck, le grand homme politique dans l’Europe de la seconde partie du XIXe siècle[13]. Conscient de l’hostilité française depuis l’annexion de l’Alsace-Lorraine. Bismarck cherche, sur le plan diplomatique à isoler la France de la IIIe République pour l’empêcher de nouer une alliance contre le Reich. En 1879, sous son impulsion, un premier rapprochement a lieu entre l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie. En 1881, l’Italie demande son intégration dans l’association germano-autrichienne par opposition à la France qui a pris pied en Tunisie, territoire que l’Italie revendiquait. Le 20 mai, un accord tripartite voit donc le jour : la Triplice ou Triple Alliance. Mais l’Italie n’est pas une alliée sûre. En effet, elle revendique le Trentin et l’Istrie, les territoires irrédentistes sous domination autrichienne. Le traité est cependant sans cesse renouvelé même si l’attitude de l’Italie devient de plus en plus ambiguë, en particulier avec la signature d’un accord secret de neutralité avec la France en 1902[14]. L’attitude du royaume italien évolue en raison de l’animosité de plus en plus grande envers l’Autriche-Hongrie, à cause de la question épineuse des terres irrédentes. La démarche diplomatique française vis-à-vis du royaume transalpin a l’avantage d’éviter à la France de devoir combattre sur deux fronts. En 1914, l’Allemagne peut aussi compter sur la sympathie de la Turquie[15]. La menace russe pour prendre le contrôle des détroits se précise. En effet, l’Angleterre qui, jadis, protégeait l’Empire ottoman, est maintenant alliée à la Russie. Pour la Turquie, seul un rapprochement avec l’Allemagne de Guillaume II peut la sortir de son isolement. L’Allemagne, qui n’a guère de colonies, a accompli une œuvre de propagande en se présentant comme la protectrice des nations d’outre-mer et comme la garante de leur indépendance. Elle a ainsi pu trouver des sympathies auprès des peuples colonisés dans tout le bassin de la Méditerranée, du Caucase à Marrakech.

La France finit cependant de sortir de son isolement. Le 27 août 1891, une convention militaire secrète est signée entre la France et la Russie après le lancement du premier emprunt russe sur la place de Paris[16]. Ce choix diplomatique contre-nature est dicté par les impératifs de la politique internationale. Cet accord est officialisé le 27 décembre 1893. L’alliance franco-russe est renforcée en 1912 et prévoit une alliance défensive entre les deux pays. La France bénéficie ainsi d’un allié de poids, notamment sur le plan démographique et stratégique, avec la possibilité d’un deuxième front à l’est de l’Allemagne, ou d’un front en Inde en cas de guerre avec l’Angleterre, tandis que l’empire tsariste peut moderniser l’économie et l’armée du pays grâce aux capitaux français (emprunts russes). Après l’incident de Fachoda en 1898 entre Français et Anglais, les deux États ont réglé leurs différends coloniaux. En 1904, inquiet des progrès économiques et commerciaux de l’Empire allemand et de la puissance acquise sur mer par la flotte allemande, le Royaume-Uni accepte enfin de sortir de son isolement. Théophile Delcassé, alorsministre des Affaires étrangères, réussit le rapprochement franco-anglais avec la signature de l’Entente cordiale en 1904[17]. Celle-ci n’est pas un traité d’alliance liant les deux pays, mais leur destin est de plus en plus imbriqué. Enfin, en 1907, à l’instigation de la France, leRoyaume-Uni et la Russie règlent leurs contentieux en Asie en délimitant leurs zones d’influences respectives en Perse, enAfghanistan et en Chine. Ainsi naît la Triple-Entente.

Stratégies et course aux armements

Sur le plan stratégique, la Triple-Entente oblige le haut état-major allemand à élaborer un nouveau plan militaire entre 1898 et 1905. Contrainte de combattre sur deux fronts en cas de guerre, l’Allemagne choisit en conséquence de faire porter tous ses efforts sur une rapide victoire à l’ouest. Le plan Schlieffen (du nom du chef d’état-major allemand de 1891 à 1907) prévoit donc de mener une guerre éclair (Blitz Krieg) sur le front de l’Ouest, en France et en Belgique, alors qu’une petite partie des troupes allemandes et la totalité des troupes austro-hongroise garderaient le front de l’Est, qui ne serait pas directement menacé par la Russie à cause de la lenteur de la mobilisation. Avec ce plan, l’Allemagne pense défaire la France en six semaines. Mais il oblige les troupes du Reich à pénétrer en Belgique en violant sa neutralité afin de prendre les troupes françaises à revers dans un mouvement rapide, puis faire volte-face pour les encercler et les écraser. Une fois la victoire obtenue, les armées allemandes devaient se grouper sur la Russie et les anéantir. Ce plan élaboré oblige cependant l’Allemagne de Guillaume II à prendre l’initiative des opérations militaires. Ajoutons que dans le Reich, la psychose de l’encerclement est très présente. De son côté, la France a mis sur pied le plan XVII qui, respectant la neutralité belge, prévoit d’attaquer l’Allemagne par la Lorraine sur un terrain moins favorable que les plaines de Flandre.

Dans les deux camps, la course aux armements s’accélère et on assiste à une surenchère dans la préparation de la guerre. Les dépenses consacrées aux armées s’envolent. Ainsi, la France consacre en 1885 867 millions de francs-or à ses armées, alors que les dépenses civiles se montent à 1,239 milliard. Les fortifications frontalières (du moins à la fin du XIXe siècle), l’artillerie (le fameux canon de 75 de l’armée française), les flottes de guerre (le Dreadnought britannique) absorbent une bonne partie des crédits militaires. Le matériel est modernisé et la durée du service militaire allongée dans plusieurs pays : en France, la durée du service militaire passe à 3 ans en 1913 pour pallier (dans une certaine mesure) l’infériorité numérique de la France face à l’Allemagne. En effet, si, en 1870, les deux pays avaient une population quasi-identique, en 1914 l’Allemagne a vu sa population croître de trois quarts pour s’établir à 67 millions en 1914, tandis que la France a à peine comblé la perte de l’Alsace-Lorraine, étant peuplée de 39 millions d’habitants.

Carte de l’Europe en 1923
Territoire occupé par les puissances centrales après le traité de Bres
Les systèmes d’alliances

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